CRITIQUE : 46 Beacon
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Quand mon ami m’a demandé ce qu’on allait voir, j’ai seulement bafouillé « euh... » hommes gays ». Il s’agit de bien plus que d’hommes gays : la pièce de Bill Rosenfield est un regard sur une autre époque, une autre planète comparée aux attitudes actuelles, mais en fin de compte un récit sur le désir et la découverte de soi-même au sein de son identité sexuelle.
Nous sommes accueillis par Robert (Jay Taylor), un acteur britannique en tournée à Boston et loin de sa compagne à Londres. Il veut s’amuser et nous sommes dans les années 1970, Boston est la réponse de la côte Est à San Francisco. Il souhaite aussi séduire le jeune homme, Alan, qui travaille au théâtre où il joue. Alan (Oliver Coopersmith) est clairement très naïf et pas du tout sûr des intentions de Robert, mais quoi qu’il arrive ce soir, cela restera à jamais dans les mémoires, du moins par l’un d’eux.
L’espace, le travail, l’histoire reposent sur l’intimité. Nous sommes tous des participants volontaires plutôt que des voyeurs dans la séduction de Robert, le poussant à réussir malgré le déséquilibre évident du pouvoir. Robert est très sûr de son sexe et de sa sexualité, alors qu’Alan ne l’est pas. Tous les signes indiquent qu’Alan est gay (principalement son amour pour Barbra Streisand) et ses dénégations sont traitées avec respect mais méfiance par Robert.
La production est aussi sans honte graphique, non seulement dans les brèves images de nudité, mais aussi dans la description de ce qui se passe. C’est merveilleusement interprété et j’ai particulièrement apprécié l’humour qu’il contient. Le Robert de Taylor n’est jamais vaniteux et suffisant ; Il a ses insécurités et n’a pas peur de l’admettre. Il était autrefois comme Alan, joué avec innocence et un large sourire par Coopersmith. La raison pour laquelle cette production fonctionne si bien, c’est parce que nous étions tous comme Alan autrefois, et si vous êtes comme moi, aspirez à être aussi sexy que Robert.
Ne laissez pas le concept d’une pièce sur les hommes gays vous décourager. Rosenfield a écrit une histoire à laquelle tout le monde peut s’identifier. Il est magnifiquement conçu à l’intérieur de cet espace très restreint et le design offre un style très élégant aux intérieurs des années 1970. Rosenfield traite aussi avec sensibilité l’attitude envers l’homosexualité dans les années 1970, le fait que Robert ne rend jamais visite à ses parents et le secret que Robert et son partenaire entretiennent chez lui ne sont pas dans le scénario pour choquer mais pour expliquer à quel point cela a été difficile, et peut encore l’être pour beaucoup.
46 Beacon ferme demain, alors assurez-vous d’assister à l’une des deux dernières représentations. Les billets et plus de détails sont disponibles [ici](https://www.londontheatredirect.com/play/2646/46-beacon-tickets.aspx).