Qu’est-ce que les pauses de Pinter ? Et autres dispositifs pinterestiques
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(Updated on 21 Aug 2025)
Bien que beaucoup d’entre vous connaissent probablement le travail de [Harold Pinter](https://www.londontheatredirect.com/news/spotlight-on-harold-pinter) et aient déjà entendu parler **des Pauses Pinter**, vous vous êtes peut-être demandé : « *Qu’est-ce* que les Pauses Pinter exactement ? » Nous avons compilé un aperçu détaillé de **tout ce que vous devez savoir sur les Pauses Pinter et autres procédés Pinteresques. **
Une **pause de Pinter** est un procédé radical que Pinter a fréquemment intégré dans ses pièces. Il estimait que le théâtre ne représentait ni avec précision l’imprévisibilité du discours humain, ni les complexités que l’on trouve dans la construction soigneuse d’un énoncé. Souvent, quand nous cherchons les bons mots, nous nous arrêtons. Et parfois, nous n’avons aucun commentaire, restant complètement silencieux. C’est exactement ce que Pinter poursuivait dans ses pièces – un rejet de la perfection au profit du réalisme.
Il existe **trois types différents de silences** qui peuvent être catégorisés sous les pauses de Pinter, et on les appelle : une **ellipsie,** une **pause** et **un silence.** Dans un script de Pinter, une **ellipse** est indiquée par trois points et était utilisée par le dramaturge pour indiquer une légère hésitation. Une **pause** était une hésitation beaucoup plus longue utilisée par Pinter pour mieux décrire la construction soignée d’une phrase.
En général, pendant une **pause,** le personnage est plongé dans un profond processus de réflexion et l’utilisation de ce dispositif a aidé Pinter à créer une tension et une atmosphère troublante. **Un** **silence total,** aussi appelé **pause lourde de sens,** est un arrêt net pendant lequel aucun mot n’est prononcé, car le personnage a rencontré un conflit si absurde qu’il n’a rien à dire, et il se retrouve dans un état mental complètement différent de celui de son départ.
L’utilisation des pauses de Pinter est souvent comparée au mouvement surréaliste original. Là où le surréalisme cherchait à exploiter le subconscient et à illustrer l’aléatoire de nos rêves par l’automatisme, Pinter cherchait à exploiter le hasard de « la conversation » afin de peindre, souvent de manière exagérée, l’irrationalité du discours humain et ses nuances. Ce faisant, il créa une richesse de drames psychologiques remplis de suspense, de pathos, d’anxiété et de tension qui le distancièrent des autres dramaturges de son époque.
Pinter a résumé son concept de silence dans cette citation, que l’on peut considérer comme son manifeste de la Pause de Pinter : « *Je pense que nous communiquons trop bien, dans notre silence, dans ce qui n’est pas dit, et que ce qui se passe est une évasion continue, des tentatives désespérées de reculer pour nous isoler. La communication est trop alarmante. Entrer dans la vie de quelqu'un d'autre est trop effrayant. Révéler à d’autres la pauvreté en nous est une possibilité trop redoutable.*' – **Harold Pinter**
Pinter a adopté le procédé du silence d’un de ses bons amis, le **dramaturge irlandais Samuel Beckett,** qu’il a rencontré dans les années 1950 alors qu’il travaillait comme acteur en Irlande. Becket était connu pour être un homme de peu de mots qui rencontrait parfois quelqu’un de nouveau sans prononcer un seul mot. Les dialogues présents dans l’œuvre de Beckett étaient un précurseur des trois silences de Pinter. Malgré l’attitude timide de Beckett, les deux entretenaient une forte amitié et Pinter qualifia célèbrement Beckett de plus grand écrivain de leur époque.
Le terme **pinteresque** a été inventé pour désigner les caractéristiques présentes dans les pièces de Pinter et, en plus de ses **Pauses de Pinter,** d’autres procédés pinterestques incluent **un sens du lieu** et **le minimalisme.** Le procédé **du sens du lieu** est inversement lié à ses caractéristiques minimalistes et fait référence aux accessoires présents dans la scénographie qui donnent des indices subtils au cadre sans être explicites. **Le minimalisme** est utilisé dans l’intrigue, qui se concentre plutôt sur la lutte pour soulever le drame de conversations parfois banales.