Published on 16 January 2014
Gerónimo Rauch, qui tient actuellement le rôle du Fantôme dans Le Fantôme de l’Opéra, discute avec Andrew Tomlins de London Theatre Direct, de ce que cela ressent en jouant l’un de ses rôles de rêve, des plus grands défis d’un rôle iconique et de la comparaison entre jouer le Fantôme et Jean Valjean.
Le Fantôme de l’Opéra, qui a ouvert en 1986 avec Michael Crawford et Sarah Brightman, a remporté 70 grands prix théâtraux, dont sept Tony à Broadway et trois Olivier Awards dans le West End. La comédie musicale d’Andrew Lloyd Webber a rapporté plus de 3,2 milliards de livres sterling dans le monde, a été jouée dans 151 villes de 30 pays et jouée devant plus de 130 millions de personnes.
Gerónimo a rejoint
Le Fantôme de l’Opéra au
Her Majesty’s Theatre en septembre dernier, après une série de près de trois ans où il a joué Jean Valjean dans Les Misérables au Queen’s Theatre, ayant déjà joué ce rôle dans la version espagnole Los Misérables (Madrid et Barcelone).
**Tu joues le Fantôme depuis quelques mois maintenant. Comment s’est passée l’expérience jusqu’à présent ? **
C’est un rôle fantastique et l’histoire est l’histoire d’amour tragique ultime. C’est intense, passionné et un vrai plaisir d’incarner ce rôle.
Quand avez-vous vu la série pour la première fois ? Saviez-vous que vous vouliez jouer le rôle tout de suite ?
J’ai vu le spectacle à Broadway en 2000. J’adorais ce rôle, mais à cet âge, ma voix de chant n’atteignait pas les notes graves dont le Fantôme a besoin, donc je n’ai pas rêvé de le jouer. Ce n’est qu’une fois que je l’ai vu pour la deuxième fois à Londres que j’ai dit « c’est un autre rôle de rêve pour moi ! »
**Pourquoi pensez-vous que Le Fantôme est un rôle dont tant d’acteurs rêvent d’incarner ? **
C’est un rôle très exigeant. Il n’y a aucun moyen de le jouer avec 50 % de ton énergie. Il faut être dans la zone pour vraiment réussir, et c’est ça qui est difficile. Cela vous permet aussi de jouer tous les soirs et de laisser vos sentiments se manifester.
Phantom a ouvert dans le West End en 1986, selon vous, quel est le secret de son succès ?
C’est une histoire d’amour très tragique avec un très bon livre, une mise en scène et un décor parfaits et une musique incroyablement belle.
Comment est le casting avec lequel travailler ? Quelle est l’ambiance en coulisses ?
Le casting est fantastique et le bâtiment dégage une très belle énergie. Je ne vois pas vraiment mes coéquipiers pendant le spectacle, mais il y a toujours un samedi soir pour boire une bière et rattraper le temps perdu !
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Comment gardez-vous votre performance fraîche chaque soir ?
Je monte simplement sur scène et je la joue ! Olivia Brereton et Harriet Jones (qui jouent actuellement Christine) sont très talentueuses et contribuent à garder ma performance fraîche. Ils exigent aussi le meilleur de moi à chaque fois que je joue avec eux.
La bande originale d’Andrew Lloyd Webber est tellement emblématique. Avez-vous un numéro préféré à jouer chaque soir ?
Music of the Night est mon plus grand défi car c’est une chanson qui exige 100 % de votre attention. Si tu perds l’énergie, tu perds la magie. Le moment que j’apprécie le plus, c’est Point of No Return. Il y a du tango et de la passion et ça me rappelle d’où je viens.
Plus récemment, vous avez incarné Jean Valjean dans la production West End de Les Misésrables ? Comment s’est passée toute l’expérience ?
Les Misérables ont changé ma vie de bien des façons et m’ont donné l’opportunité de grandir en tant qu’artiste et interprète. Les Mis m’a offert mon premier emploi professionnel en Argentine, puis ma grande opportunité en tant que Valjean en Espagne, et après cela, la chance magique de venir au Royaume-Uni. Être au Queens Theatre pour interpréter Valjean est un rêve devenu réalité. Ça a été un très long chemin, mais j’y suis enfin !
**De nombreux acteurs ont joué les deux rôles. Comment jouer Le Fantôme se compare-t-il à jouer Jean Valjean ? **
Même si de nombreux interprètes ont joué les deux rôles, je pense qu’ils sont opposés. De mon point de vue, Valjean a plus de points communs avec moi, mais le Fantôme est un parfait inconnu pour moi et c’est ce que j’apprécie chaque soir. Créer un Don Juan, un amant et un meurtrier !
Y a-t-il d’autres rôles que vous avez à l’œil et que vous aimeriez jouer un jour ?
Judas, Jekyll et Hyde, et bien d’autres. Mais j’ai le privilège de dire que j’ai interprété 3 des rôles que je visais et c’est fantastique.
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Qu’est-ce que ça fait d’avoir autant de soutien derrière toi de la part des fans de théâtre ?
Je suis reconnaissant et j’essaie de leur accorder autant de temps que possible. Une partie de notre travail consiste à emmener le public dans un voyage et à oublier sa vie pendant quelques heures. Chaque soir, je remercie le public lors du dernier appel. Nous sommes bénis d’avoir ce poste.
Interviewé par Andrew Tomlins
Le Fantôme de l’Opéra est actuellement en réserve au Her Majesty’s Theatre jusqu’au 25 octobre 2014.
Image : Geronimo Rauch et Sofia Escobar - Photographie : Johan Persson © Cameron Mackintosh Ltd