Critique : Felicity Kendal livre un tour de force comique dans le rhume des foins

Published on 18 May 2015

La mise en scène Lindsay Posner de Hay Fever de Noel Coward, comédie burlesque de mœurs, arrive dans le West End après une représentation très bien accueillie au Theatre Royal de Bath l’été dernier.

À la tête de la distribution se trouve Felicity Kendal, reprenant son rôle de la production de Bath. Elle incarne l’ancienne actrice Judith, matriarche de la famille Bliss, bohème et outrageusement égocentrique. Et autant Kendall domine son mari, ses enfants et tous ceux qui sont pris dans son orbite en tant que Judith, elle domine aussi la pièce elle-même, qui, bien que très agréable, manque un peu de pétillement quand elle n’est pas sur scène.

Tel est l’égoïsme de ce groupe (Judith, son mari auteur David, joué par Simon Shepherd, et son fils et sa fille dans la vingtaine, joués par Alice Orr-Ewing et Edward Franklin) qu’ils ont tous invité un invité à descendre dans leur maison de campagne pour le week-end sans en informer les autres membres de la famille. Ajoutez à cela le fait que chaque invité a été attiré là-bas dans l’espoir d’une intrigue romantique, et vous avez tous les ingrédients pour la fête de campagne du week-end infernale. Les invités malchanceux deviennent des victimes prises au centre de ce maelström d’egos en conflit. Une scène où la famille perd patience face à l’incapacité des invités à comprendre les règles des jeux après le dîner est particulièrement drôle.

Felicity Kendall livre un tour de force comique dans le rôle de Judith, une star en déclin qui, désormais privée de public, impose son mélodrame et ses histrioniques à ceux qui l’entourent. Son sens du timing comique est impeccable et elle joue les dialogues délibérément exagérés de Coward à fond dans la poignée. Coward était bien sûr un maître des mots, et même si Hay Fever ne contient pas autant de répliques mémorables qu’un classique comme Private Lives, il y a encore beaucoup ici qui est parfaitement délicieux. Incroyablement, il écrivit la pièce en seulement trois jours et ne fit pratiquement aucune réécriture

Un excellent soutien vient d’Alice Orr-Ewing, qui fait ses débuts sur scène dans le rôle de Sorrel, la fille des Bliss (destinée à être comme sa mère), Michael Simkins dans le rôle de Richard Greatham, l’invité harcelé de Sorrel, et une performance merveilleusement sensuelle de Sara Stewart dans celui de Myra Arundel. Il n’y a pas vraiment de maillon faible parmi les neuf membres du casting, mais telle est la merveille de Felicity qu’ils préfèrent tous traîner dans son sillage. Une situation que Judith n’aurait pas voulu autrement, bien sûr.