Critique : Les Trois Lions au St. James Theatre
Published on 30 March 2015
Après une série acclamée au Festival d’Édimbourg en 2013 et une courte tournée nationale, la comédie très drôle de William Gaminara, The Three Lions, arrive au théâtre St**. James Theatre** pour une courte saison hors du West End.
C’est le récit de ce qui s’est passé lorsque le Premier ministre David Cameron, David Beckham et le prince William se sont réunis dans un hôtel suisse pour élaborer un plan en soutien à la candidature de l’Angleterre à la Coupe du Monde de football 2018. C’est un mélange de faits et de fiction. Nous savons qu’ils étaient là et comment le vote s’est finalement déroulé, mais ce qui s’est passé à huis clos ne peut être que spéculé et William Gaminara s’en donne à cœur joie avec son récit fictif et souvent hilarant.
Les personnages ici correspondent beaucoup aux images populaires que nous avons déjà d’eux ; David Beckham est sympathique mais un peu un peu costau, Cameron est arrogant, et le prince William est un type sympathique, un peu alourdi par sa position d’État et désireux d’être simplement l’un des garçons.
Ce sont les échanges entre ces trois acteurs qui dominent l’action, l’action se déroulant dans des chambres d’hôtel alors qu’ils planifient et débriefent leurs différentes rencontres, et tout cela repose sur quelques gags récurrents sympas ; en particulier William invitant David à son prochain mariage mais essayant diplomatiquement d’empêcher Victoria de chanter ; Cameron est constamment harcelé par Nick Clegg, dont il oublie sans cesse le nom, et par l’ignorance constante de Beckham sur tout, de la géographie à la grammaire de base.
L’humour est assez large, on a même droit à quelques blagues de décrochage dans la meilleure tradition de la farce britannique, mais sous tout cela se cache une satire mordante sur le pouvoir, la diplomatie, la corruption et les sommes d’argent vertigineuses qui font vraiment évoluer le beau jeu de nos jours.
Les performances sont uniformément bonnes : Dugald Bruce-Lockhart capture l’essence de Cameron sans tenter une imitation complète, Sean Browne est un vrai plaisir dans le rôle de David Beckham, non seulement maîtrisant la voix, mais aussi une ressemblance physique frappante avec l’homme, tandis que Tom Davey insuffle à William un charme décontracté et maîtrise parfaitement la voix. Il y a aussi un soutien formidable d’Antonia Kinlay dans le rôle de la malheureuse assistante de cameron, et de Ravi Aujla dans celui du portier d’hôtel obséquieux.
Les Trois Lions au St. James Theatre offrent de nombreux moments qui font éclater de rire, mais c’est un divertissement formidable avec une piqûre dans la queue.
