CRITIQUE : Qui a peur de Virginia Woolf ? " . . . À voir absolument »

Published on 22 March 2017

Le dramaturge multi-laureat Edward Albee, Who’s Afraid of Virginia Woolf, joue à The Harold Pinter Theatre jusqu’au 27 mai. Cependant, avec Imelda Staunton et Conleth Hill qui déchirent le jeu déchirant le cœur d’Albee, il est dommage qu’il ne soit pas joué indéfiniment.

La pièce suit George (Hill) et Martha (Staunton) et leur lutte désespérée pour le pouvoir dans leur mariage dépéri. Le combat éclate et crépite devant Honey aux yeux écarquillés (interprétée par la charmante Imogen Poots) et son mari Nick (interprété par Luke Treadaway), jusqu’à ce qu’un vainqueur soit couronné. 

La pièce commence avec le couple marié George et Martha, qui se plaisantent et s’insultant légèrement. La chimie entre Conleth et Staunton est charmante dès le début et ils se croisent sans effort. Alors que la pièce se déroule et que le sommeil est remplacé par de l’alcool, la bataille entre Martha et George s’intensifie. 

Staunton et Hill nous emmènent dans les montagnes russes d’Albee et laissent le public en haleine. Staunton est phénoménale dans le rôle de Martha, bien que la pièce dure un peu plus de trois heures, si elle s’était terminée une minute plus tôt, mon cœur se serait arrêté. Hill est captivant dans le rôle de George, et alors que la bataille commence, sa vision subtile et sarcastique de George est à la fois amusante et troublante. 

Mise en scène par James Macdonald, les acteurs partagent soigneusement le centre de la scène sans que le rythme ne baisse d’une seconde. Macdonald tient le public dans la paume de ses mains tandis que les yeux du public passent d’un personnage à l’autre, toujours sûrs qu’ils regarderont le bon, car ils ne peuvent pas détourner le regard.

Bien que le spectacle soit sombre et tortueux, la pièce d’Albee est ponctuée de blagues légères, bien interprétées par la distribution. C’est amusant de voir les personnages se moquer les uns des autres, jusqu’à ce que soudain la pique joueuse se transforme en une piqûre. 

Au fil de l’histoire, Nick et Honey sont entraînés dans les jeux tordus de Martha et George, et Poots et Treadaway incarnent bien ce couple contrasté. 

La conception de l’exposition (réalisée par Tom Pye) est exquise et constitue le cadre parfait pour la maison sûre et sécurisée dans laquelle Macdonald nous invite. 

Sonia Friedman a encore un autre succès entre les mains, Qui a peur de Virginia Woolf est un film à ne pas manquer. Staunton donne tout son âme dans le rôle de Martha, et à la fin du rideau, elle avait aussi pris un morceau de la mienne.