CRITIQUE : Qui a peur de Virginia Woolf ? « Staunton et Hill sont parfaits... »
Published on 3 April 2017
La pièce primée aux Tony Awards d’Edward Albee a fait l’objet d’une reprise très commentée quelques mois seulement après sa mort en septembre 2016. Who's Afraid of Virginia Woolf a notoirement manqué le prix Pulitzer de 1963 après que le conseil a contesté ses références sexuelles et ses jurons ; cela a conduit à l’absence de prix cette année-là.
Cette production est mise en scène par James Macdonald et compte une distribution composée d’Imelda Staunton, Conleth Hill, Luke Treadaway et Imogen Poots, avec un impressionnant total de cinq Oliviers. Un tel pedigree de talent garantit que la production est entre de bonnes mains et constitue un hommage approprié au défunt Albee, montrant sa maîtrise de son art.
La pièce tourne autour d’un couple marié, George et Martha, pris dans une guerre d’usure. Le conflit fait rage depuis plus de 20 ans et leur relation est empreinte d’amertume, de regrets mais aussi de symbiose. La pièce se déroule aux premières heures du matin, après une fête sur un campus universitaire où George travaille et où Martha est la fille du président de l’université.
Dans le mélange de ce couple buveur incarné arrive un jeune couple sans méfiance, Nick et Honey, au début de leur vie et de leur carrière. Ils ont convenu de rejoindre George et Martha pour boire un verre et se retrouvent rapidement pris dans la fusillade. Peut-être que George et Martha se voient dans les jeunes optimistes : les aspirations qu’ils n’ont jamais réalisées, le potentiel jamais vraiment réalisé. Cela pousse l’argument plus loin et les tragédies de leur vie sont rapidement mises en lumière.
La pièce est intense à regarder, emmenant le public dans un voyage rempli de plaisir et de rires, mais aussi de colère, de violence et de haine. La dynamique de la pièce fait que le public a rarement l’occasion de s’asseoir et de se détendre, mais il vit constamment ses émotions être bouleversées, l’entraînant dans le salon où la bataille se poursuit.
Staunton et Hill sont parfaits dans leurs rôles. Bien équilibrés et complémentaires aux performances de l’autre, ils servent de contrepoint à l’autre, ce qu’ils font brillamment. La relation entre les deux a fait en sorte que cette production paraisse fraîche, leurs échanges verbaux s’allumant d’électricité.
Il vient d’être annoncé que la production sera diffusée dans les salles en mai, offrant à un public plus large l’opportunité de voir cette production emblématique. Si vous ne pouvez pas obtenir de billet pour la tournée londonienne, allez voir ce classique moderne dans votre cinéma local et profitez des performances de deux de nos meilleurs acteurs.

By Harrison Fuller
Directeur de théâtre, écrivain, créateur.
