Critique de Wendy et Peter Pan : Un conte de fées pour adultes qui vous accroche - En plein fouet

Published on 29 October 2025

D’abord montée par la RSC en 2013 et désormais en hauteur au Barbican, Wendy and Peter Pan d’Ella Hickson reprend l’une des histoires pour enfants les plus aimées de tous les temps – donnant à la deuxième étoile (traditionnellement annoncée) à droite, Wendy, au centre de la scène. 

Depuis ses débuts à Stratford-Upon-Avon, une vague de réinterprétations féminines a balayé le West End. Six the Musical brille comme la poussière de fée de Clochette, tandis que le joyau de Broadway, Oh, Mary ! – qui sera transféré au Trafalgar Theatre en décembre – fait de Mary Todd Lincoln (épouse d’Abraham Lincoln) le personnage central. Il est clair que, tout comme le crocodile déterminé qui traîne sa montre en or volée, Wendy et Peter Pan a toujours été en avance sur son temps. Mais plus d’une décennie plus tard, cette production magique nous remplit-elle encore de pensées heureuses ? Argghhh, oui ça l’est !

Hantée par la perte de son plus jeune frère Tom – un véritable « garçon perdu » – dont l’absence brise les Darling, le voyage de Wendy vers le Pays Imaginaire devient plus qu’une simple escapade fantaisiste menée par Peter Pan. C’est une aventure audacieuse. Une mission de sauvetage, et elle la dirige. Déterminée à ramener son frère et à guérir la famille, Wendy prend courageusement la fuite.

Fred Woodley Evans, Hannah Saxby et Kwaku Mills dans Wendy et Peter Pan

Hannah Saxby est envoûtante dans le rôle de Wendy, offrant une performance envoûtante qui laisse le public bouche bée (sans avoir besoin de puiser dans la réserve de Clochette). Sa Wendy est vulnérable et maladroite (« Je veux seulement une amie, une amie). Sa performance est pleine d’esprit, d’intelligence  et de chaleur – nous tenons profondément à elle dès qu’elle monte sur scène, suppliant ses frères de pouvoir jouer. En face d’elle, Daniel Krikler donne vie à Peter avec une assurance irrésistible. Il est drôle, désarmant (ou devrait-il dire dégrader ?), mais sous cette bravade se cache une fragilité silencieuse – un garçon qui masque l’incertitude par son charme.

Le réalisateur Jonathan Munby équilibre l’émerveillement et le poids, le rire et la perte. Sous le spectacle – et le décor pratique de Colin Richmond est vraiment un spectacle – se cache une véritable profondeur émotionnelle. Nous sommes toujours entourés d’absurdes, un crocodile au haut-de-forme tourne autour de la scène, une équipe d’ombres aide un garçon à voler, mais le cœur du spectacle appartient à Wendy, dont le courage et la compassion ancrent le fantasme.

Sombre, drôle et plein de cœur, ce Wendy et Peter Pan nous rappelle que grandir ne consiste pas à perdre la magie – c’est apprendre à la mettre en bouteille, à la garder et à la chérir. 

Wendy et Peter Pan jouent au Barbican jusqu’au 22 novembre 2025.